Premières étapes

Sur la trace des oiseaux: Qui fait son nid, qui prend le nord?

la mi-avril 2018

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Ressources pour approfondir l'apprentissage

Pleins feux sur le bruant chanteur

Chez nous, le chant du bruant chanteur résonne; ce sont les mâles qui marquent leur territoire. Le nom de cette espèce est bien choisi. Son chant de base est décrit, en anglais, comme suit : « maids, maids, maids, put on your tea kettle-ettle-ettle ». Cela dit, le répertoire du bruant chanteur est composé d’une vingtaine de mélodies différentes, à quoi s’ajoutent de les variations improvisées; le mâle, en territoire établi, en utilisera généralement de 8 à 12. Plus son répertoire est vaste, dit-on, plus digne il est d’être choisi comme partenaire. Ceux dont les territoires établis sont proches les uns des autres savent se reconnaître (menace faible) et déceler les intrus agressifs (menace élevée). Les mâles qui s’entendent bien chanteront des mélodies semblables, de façon à bien s’intégrer à leur voisinage, tandis que des mâles agressifs choisiront des mélodies très différentes. Dans un milieu urbain plus bruyant, les oiseaux modifieront le registre de leurs mélodies (y intégrant moins de notes basses) de façon à se faire mieux entendre.

Le bruant chanteur est présent partout, sauf en forêt profonde : en ville, dans les banlieues, dans les zones rurales. Il est assez facile à identifier, avec sa bande claire au-dessus de l’œil et sa petite tache foncée sur la poitrine, mais on ne le voit pas toujours facilement, tellement les tons ternes de son plumages sont assortis à son environnement. Le bruant chanteur se nourrit au sol et aime les taillis, les bosquets et les herbes hautes; on le trouve souvent en marge de zones aménagées. Si vous laissiez pousser l’herbe dans un coin de la cour d’école, vous en attiriez peut-être. Comme le bruant chanteur construit son nid à même le sol ou près du sol, il cherche à s’établir dans un endroit abrité.

Lorsqu’il se sera accouplé et qu’il aura élevé ses oisillons, le bruant chanteur cherchera encore à conserver son petit territoire (de 0,2 à 0,6 hectares), et ce faisant, il se fera beaucoup entendre. Son cri d’alarme est assez remarquable, et il émettra beaucoup de bruit face à ses prédateurs et à tout intrus. Cela dit, il n’aime pas être vu; à votre approche, il et pourra courir au sol au lieu de s’envoler. Si vous restez là sans bouger, ou si vous vous déplacez lentement et sans faire de bruit, vous le verrez peut-être voltiger et chanter, surtout s’il est en mode territorial. Le bruant chanteur est un oiseau coopératif; il se nourrit souvent en même temps que son partenaire, avec un autre oiseau avec qui il couve ses œufs, ou avec ses rejetons, et il gardera le contact à l’aide de cris précis (« jep ») et de signaux visuels. Il s’alimente en picorant une grande variété d’invertébrés et de grains.

D’autres événements à ne pas manquer

  • Attendez un peu avant de ranger vos pelles. Une tempête de neige est un événement moins inhabituel que ces journées clémentes auxquelles nous avons eu droit ces derniers temps. La ville de Montréal, par exemple, reçoit en moyenne 13 cm de neige en avril. Renseignez-vous sur les quantités de neige que vous recevez normalement en avril.
  • Les premières chauves-souris commencent à sortir par les nuits plus clémentes. Ce sont celles qui hibernent (la grande chauve-souris brune et la petite chauve-souris brune, par exemple), pas des migrateurs (la chauve-souris rousse et la chauve-souris cendrée, par exemple). Les femelles se dirigeront bientôt vers des lieux où elles élèveront leurs petits.
  • Le pic maculé est de retour parmi nous, et avec d’autres pics, mâles et femelles, il se mettra à tambouriner pour établir un territoire et s’attirer un partenaire. Le bruit qu’il émet en tambourinant diffère un peu d’espèce en espèce, et n’a rien à voir avec la recherche de nourriture. Les plus chanceux d’entre vous l’entendront aux petites heures du matin en train de tambouriner sur vos gouttières en aluminium.
  • Le balbuzard pêcheur, le quiscale bronzé et le merle d’Amérique ont déjà construit leurs nids. Le geai bleu ne fera pas tout son tapage habituel puisqu’il est en période de nidification, lui aussi, et ne veut pas que l’on sache où il a construit son nid. Le Centre-sud de l’Ontario accueille de plus en plus de grues du Canada qui font leurs nids dans la région, même si certaines d’entre elles continuent de s’établir plus au nord. 80% de la population mondiale de grues du Canada se retrouve au repos et au ravitaillement sur la rivière Platte au Nebraska au début d'avril avant de continuer vers le nord dans l'ouest du Canada. 
  • L’hirondelle bicolore, en période de migration, est probablement à son plus nombreux. Un grand nombre se dirigent vers des régions plus au nord.
  • La bernache du Canada pond ses œufs. Cherchez-la dans les terres humides  et les régions à proximité de l’eau, où elle aura construit son nid en ce début de printemps. Parfois, elle se servira d’un nid de balbuzard construit en basse altitude; si tel est le cas, elle devra guetter attentivement le retour du balbuzard.
  • Les castors et les rats musqués nés l’année dernière sont contraints de quitter leur domicile familial et leur habitat et se promènent de long en large à la recherche d’un nouveau territoire. Cette façon de procéder aide à limiter la densité de ces animaux et permet de peupler les régions où ces gros rongeurs entrepreneurs sont moins nombreux. Cherchez-les le long des routes à proximité de terres humides.
  • La truite arc-en-ciel, dite « Steelhead », quitte les Grands lacs en direction des ruisseaux peu profonds et rocheux dans lesquels elle frayera. Elle pourra sauter par-dessus des petits barrages et monter des échelles à poissons. Les pêcheurs à la ligne de votre région sauront vous indiquer où les voir – il s’agirait peut-être d’une petite visite sur le terrain intéressante.
  • Le doré jaune est en période de fraie dans des cours d’eau rapides rocheux ou des hauts-fonds rocailleux dès que l’eau atteint une température de 70C.  La fraie a lieu la nuit surtout, et en vous armant d’une lampe de poche puissante, vous pouvez voir les yeux des poissons qui brillent. La perche-truite fraye dans des lacs, près des berges, tandis que le meunier noir fraye, comme le doré jaune, dans les ruisseaux.
  • Des boutures vertes commencent à sortir, et les bourgeons, à gonfler. Aux chantons parus à la fin mai s’ajoutent maintenant les fleurs de l’érable rouge et de l’orme d’Amérique.            
  • La lune s’approche de Mercure le matin du 13 avril, bien que la planète soit difficile à voir. Le 17 avril, au crépuscule, le mince croissant lunaire repose à moins de 6 degrés à la gauche de Vénus : aux jumelles, admirez la lumière cendrée qui éclaire faiblement la partie sombre du disque lunaire.                                                                                               
  • La première pluie les Lyrides aura lieu entre le 16 et le 25 avril, le 22 avril sera le jour maximal avec un taux optimal de 10 à 20 météores par heure qui paraissent venir de la constellation de la Lyre.