Premières étapes

Marmottes et autres dormeurs

le début février 2016

En vedette dans R4R

Ressources pour approfondir l'apprentissage

Pleins feux sur le jour de la Marmotte (et autres dormeurs)

 

Le 2 février, nous célébrons le jour de la Marmotte avec pronosticiens aux États-Unis (Punxsutawney Phil) et au Canada (Schubenacadie Sam de la Nouvelle Écosse, Balzac Billy da l'Alberta, et Wiarton Willie de l'Ontario), Willie a même sa propre statue et une webcam. Vous connaissez l’histoire : s’ils voient leur ombre, on peut s’attendre à six autres semaines d’hiver. S’ils ne la voient pas, on peut sortir les outils de jardinage. Selon les gens de la péninsule Bruce, les prédictions de Willie ont un taux de précision de 90 % (le soleil doit briller souvent là-bas). Willie a vu son ombre l’an dernier, et la pointe de la péninsule Bruce a eu un temps un peu plus froid que d’habitude. La plupart des localités du sud de l’Ontario ont connu des températures hivernales moyennes l’an dernier, avec une plus grande quantité de précipitations. Une marmotte verrait-elle son ombre à votre école le jour de la Marmotte? Pour connaître la réponse, sortez dehors le 2 février.

 

Pourquoi le 2 février? Parce que ce jour se situe au milieu de l’hiver (à mi-chemin exactement entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps), un moment où, selon la tradition, les gens s’assuraient d’avoir encore à leur disposition la moitié de leurs réserves de foin, de bois et de légumes-racines. En Grande-Bretagne, le 2 février marquait le début du plantage. Ce jour-là, on célèbre également la Chandeleur, une fête chrétienne depuis longtemps associée aux prévisions printanières :

 

À la Chandeleur, s’il faut beau,

L’hiver n’est pas terminé.

Si la Chandeleur apporte nuages et pluie,

L’hiver est bien fini.

 

Et que vient faire une marmotte dans cette histoire? En Allemagne, les fermiers observaient le comportement du blaireau européen pour avoir une idée de l’activité printanière (aux dires de certains, l’animal pouvait prévoir l’arrivée du printemps). Quand ces gens sont venus s’établir en Amérique, ils ont eu du mal à trouver des blaireaux et ont donc commencé à former leur tradition autour de la marmotte, plus commune, qui commence à sortir le bout du nez de son terrier dans certaines régions nord-américaines vers la deuxième semaine de février. En Ontario, elle ne quitte généralement pas de son terrier avant le mois de mars. Cette année, guettez les prédictions de Willie et de Phil puis surveillez la météo pour voir si leurs prédictions se réalisent. Joignez-vous aux autres écoles nord-américaines en participant au Project Groundhog 2015!

 

Vous trouverez ici une bonne histoire pour enfants (en anglais) racontée selon le point de vue de la marmotte.

 

La marmotte, aussi appelée « siffleux », est le plus grand des rongeurs, et elle hiberne véritablement en hiver. La marmotte accumule une épaisse couche de graisse à l’automne puis s’installe sous la ligne de gel (jusqu’à 5 mètres sous la surface) dans son terrier, où elle plonge dans un sommeil profond. Son rythme cardiaque passera de 80 battements la minute à 4 ou 5 battements la minute; sa respiration, à un cycle la minute; et sa température chutera pour atteindre aussi peu que 30C. Elle aura conservé une partie de sa réserve de graisse pour le printemps, puisqu’elle devra encore attendre quelques semaines, à la sortie de son terrier (en Ontario, ce sera sans doute en mars) avant l’arrivée des premières verdures.

 

Lorsqu’un mammifère hiberne, sa température corporelle chute pour correspondre à peu près à la température environnante (normalement un peu au-dessus du point de congélation); son rythme cardiaque, son cycle respiratoire et son taux métabolique ralentissent à leur tour de manière significative. Elle utilise de 60 à 98 pour cent moins d’énergie que d’habitude. La durée des périodes d’hibernation profondes peut varie entre quelques jours à plusieurs semaines, au cours desquels le mammifère pourra se réveiller pendant quelques jours; il peut mettre plusieurs jours à se réveiller. Vers l’arrivée du printemps, les périodes d’éveil s’allongent jusqu’à la fin de l’hibernation.

 

Parmi les autres mammifères qui hibernent en Ontario, citons la souris sauteuse des champs, la souris sauteuse des bois, le spermophile de Franklin et les chauves-souris suivantes :  la petite chauve-souris brune, la grande chauve-souris brune, le vespertilion nordique, la chauve-souris pygmée et la pipistrelle de l’Est. Les chauves-souris se regroupent dans des abris d’hiver, souvent des cavernes, et les légères hausses de température causées par des visites, même consciencieuses, font en sorte que les chauves-souris peuvent se réveiller plus souvent, menant à des situations de famine et entrainant leur mort. En hiver, il faut éviter les cavernes qui servent de gite d'hibernation aux chauves-souris!

 

ALERTE À L’ENVAHISSEUR : l’agrile du frêne

Plusieurs insectes survivent à l’hiver en hivernant; c’est le cas, notamment, de l’agrile du frêne, une espèce envahissante qui pose une menace au frêne noir et à d’autres arbres de la forêt canadienne. Ce coléoptère est probablement entré au pays à bord d’une caisse d’expédition en provenance de la Chine ou d’un autre pays d’Asie. Il a d’abord été détectée en Ontario en 2002, mais depuis, il s’est disséminé dans tout le sud de l’Ontario jusqu’au Québec et pose désormais une menace aux régions boisées dans d’autres provinces. L’agrile du frêne adulte pond des œufs qui se transforment en larves, lesquelles se creusent un chemin dans l’écorce des frênes, créant des galeries en forme de S  qui nuisent à la capacité des arbres d’acheminer la nourriture et l’eau. Les larves passent l’hiver enfouies sous l’écorce des arbres et produisent un antigel qui les protège contre des températures aussi froides que -30°C. Ce petit coléoptère pourrait avoir des effets dévastateurs sur l’industrie forestière; le bois de frêne est une ressource essentielle à la fabrication d’objets comme des manches à outils et des bâtons de baseball. Au Canada, beaucoup de nos parcs et espaces verts comptent de nombreux frênes. Si ces arbres devaient disparaitre, nous perdrions un habitat précieux pour la faune et des espaces ombrageux où nous rafraichir l’été! Des règlements ont été mis en place de façon à limiter le déplacement du bois de frêne à l’extérieur des régions affectées par l’agrile du frêne dans le dans le sud de l’Ontario et au Québec , mais vous pouvez participer vous aussi à lutter contre ce parasite.  À l’arrivée du printemps, passez un peu de temps dehors à apprendre comment reconnaitre différentes espèces de frêne et détecter les dommages causés par l’agrile du frêne. Vous pourrez ensuite signaler toutes vos observations à l’Agence canadienne d’inspection des aliments au 1-800-442-2342.  D’ici là, si le froid vous donne envie d’hiverner, vous pouvez toujours vous amuser avec ces jeux sur le thème de l’agrile du frêne!

 

D’autres événements à ne pas manquer 

  • L’autre soir, je roulais sur une route de campagne quand une belette hermine a traversé à toute vitesse devant ma voiture. L’adjectif hermine renvoie à la phase hivernale de la belette (je pense plus précisément à l’hermine, et non pas la belette à longue queue ou la belette pygmée), un carnivore petit format apparenté au vison d'Amérique et à la loutre de rivière (j’imagine que la royauté ne voulaient pas qu’on dise d’eux qu’ils s’associaient à la vermine). La belette hermine pèse à peine entre 30 et 140 grammes, et peut donc se faufiler très facilement dans les trous d’aération creusés dans la neige par les rongeurs puis glisser dans leurs tunnels pour devenir, à l’instar des hiboux, un des grands prédateurs des habitants subnivals (voir le bulletin de la fin janvier), 
  • La période de reproduction du grand duc d’Amérique est entamée (c’est le premier des hiboux à s’y lancer). On peut également entendre le chant de reproduction de la chouette rayée, et cette dernière répond aux imitations de son chant. On peut parfois l’apercevoir dans un parc ou dans un lieu boisé près de la ville, alors gardez l’œil ouvert.
  • Préparez-vous au dénombrement d’oiseaux Great Backyard Bird Count qui a lieu du 13 au 16février. C’est un événement annuel lors duquel les ornithologues amateurs de tout âge aideront à tracer un portrait en temps réel de la présence des oiseaux sur tout le continent américain, de même qu’à Hawaii. Les consignes sont simples : il faut compter des oiseaux pendant au moins 15 minutes pendant au moins une des quatre journées visées par l’événement, puis remplir la feuille de données et la faire parvenir à l’adresse indiquée sur le formulaire. Et n‘oubliez pas de prendre des photos! Vous trouverez ici quelques astuces à l’intention des enseignants qui vous permettront de préparer vos élèves, de même que quelques livres virtuels sur les oiseaux gratuits (jusqu’au 15 février) pour aiguiser l’intérêt de vos élèves.
  • L’écureuil gris se reproduit ce mois-ci, et on pourra voir leurs jeux de cache-cache pendant qu’ils tentent d’établir leurs territoires respectifs et s’attirer un partenaire. Et gardez l’œil sur leurs nids pour y voir les signes d’une intensification des activités.
  • Parmi les autres mammifères qui entrent en période de reproduction, pensons au raton laveur, au loup de l’Est, au coyote, au renard roux, à la moufette rayée et au vison d’Amérique. Chacun d’entre eux sera en mode de gestation pendant environ deux mois, et les petits naîtront en avril ou en mai, au moment où la nourriture sera plus abondante, de manière à disposer aussi d’une période de croissance maximale. Oui, tout est vraiment lié.
  • Les animaux consomment de grandes quantités de nourriture de survie ces jours-ci – des baies et des graines qui ne sont peut-être pas celles qu’ils préfèrent d’habitude (leur contenu en matières graisses est peu élevé) mais qui sont pratiques vers la fin d’un hiver difficile, quand les réserves de houx vercillié, par exemple, sont épuisées. Gardez un œil ce mois-ci sur la viorne à feuilles d’érable et sur le sumac vinaigrier, et vous verrez peut-être disparaître les dernières baies sur ces arbustes.