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Éveils printanier : plantes, oiseaux et insectes

la fin mars 2012

(équinoxe de printemps) à 13 h 32 (heure avancée), sauf au nord-ouest extrême. Le mot équinoxe vient du latin aequus, égal, et nox, nuit – le jour et la nuit étant d’égale durée, soit 12 heures chacun. Le concept reste difficile à saisir? Vous trouverez ici une explication détaillée de la géométrie du Soleil et de la Terre. Organisez une fête pour souligner l’équinoxe de printemps!

Pleins feux sur l’éveil des plantes. Nous avons présenté dans une édition précédente des signes de reprise des activités printanières, mais à présent, les choses commencent vraiment à bouger:

  • Il y a fort à parier que la première fleur que vous croiserez ce printemps sera jaune, car letussilage pas-d’âne, une espèce introduite, fleurit le long des terrains bas, suivi dupopulage des marais, une espèce native à l’Ontario. Le populage des marais est toxique et peut irriter la peau au toucher, tandis que le tussilage pas-d’âne est carcinogène, alors vous devriez vous contenter de regarder ces plantes et de les photographier.
  • Le chou puant est en fleurs. Très souvent, les bourgeons de cette plante font fondre la neige qui l’entoure en fleurissant, et ce, par un processus appelé thermogenèse.  Pour apparaître si tôt, elle dégage de la chaleur en guise de protection – autant de chaleur que pourrait émettre un petit rongeur ou un colibris – grâce à un processus métabolique qui appartient normalement davantage aux animaux qu’au règne végétal. Le chou puant peut ainsi maintenir une température de 1,7oC (35oF) quand tout ce qui l’entoure est sous le point de congélation. Mais à quoi peut bien servir ce mécanisme? D’autres plantes fleurissent pour atteindre la même fin : attirer des pollinisateurs. Seulement, le chou puant se sert de la chaleur comme appât au lieu d’une source de nourriture. La plante porte bien son nom, car elle dégage une odeur infecte qui attire les mangeurs de charogne (des insectes et certaines espèces d’abeille) qui, pensant toujours qu’ils réussiront à trouver de quoi se nourrir, participeront à la pollinisation du chou puant. Certaines recherches indiquent que le vent a aussi son rôle à jouer là-dedans, alors le chou puant ne fait peut-être qu’assurer ses arrières! Vous trouverez ici une description très détaillée et assez lyrique de la plante et de son cycle de vie.   
  • L’ail des bois, l’une des premières herbes à pousser de nouvelles feuilles au printemps, sera parfois légèrement recouverte de neige sur le tapis forestier. Comme bien des plantes forestières qui surgissent au printemps, l’ail des bois profite de cette période pour capter l’énergie du soleil et l’emmagasiner dans ses bulbes souterraines; elle s’en servira au moment de fleurir et de produire ses graines au début de l’été, puisant à même ses réserves jusqu’au retour du soleil au printemps prochain. C’est une plante au goût délicieux, mais pensez à long terme : la récolte excessive au Québec en a menacé la survie, à un point tel que les instances gouvernementales ont dû en interdire la vente et imposer des limites quant à la quantité permise à des fins personnelles. Si vous achetez de l’ail des bois, assurez-vous qu’il s’agit de plantes récoltées en toute légalité et par des manières durables.
  • Les chatons du tremble et de l’aulne rugueux s’ajoutent désormais à ceux du saule, et les bourgeons aromatiques du peuplier baumier commenceront bientôt à s’ouvrir.
  • Dans la cour d’école, restez à l’affût des premières verdures issues de bulbes plantées – des crocus ou le perce-neige, par exemple, et des « mauvaises herbes » comme lavéronique de Perse. Créez un calendrier des « premières floraisons », que vous pourriez illustré à l’aide de photos et qui servirait à noter les dates auxquelles vous aurez vu les premiers bourgeons, les premières feuilles ou les premières fleurs sur telle ou telle espèce, qu’il s’agisse de plantes ou d’arbres. Conservez-le afin de comparer vos résultats à ceux de l’an prochain.

D’autres événements à ne pas manquer

  • L’hirondelle bicolore, de retour parmi nous, descend en plongeant sur les étendues d’eau libre. Comme elle se nourrit principalement d’insectes, sa présence indique que les insectes aquatiques commencent peut-être à flotter à la surface et à « éclore » pour prendre leur forme adulte. Plusieurs vagues d’éclosion d’insectes aquatiques auront lieu jusqu’à l’automne.
  • L’hirondelle se nourrit probablement de moucherons, une famille de petites mouches noires ressemblant à des moustiques et dotées de larges antennes duveteuses. Vous en verrez peut-être des nuages qui flottent au-dessus des arbres, des arbustes ou de tout autre objet à proximité de l’eau. Ces regroupements sont formés de moucherons mâles. Les femelles sont attirées par le son qu’émettent les vibrations de leurs ailes, et le son qu’émettent les femelles en volant dans leur direction attire les mâles. Dans l’espace de quelques secondes, ils se mettront à s’accoupler. J’ai déjà connu quelqu’un qui avait l’oreille si juste qu’il pouvait imiter le bruit qu’émet la femelle du moucheron et attirer des mâles se trouvant à proximité! Partez à la recherche de moucherons (n’ayez crainte, ils ne vous piqueront pas), et voyez comme ils ballottent en dansant sur une brise légère. Les insectivores aériens, comme l’hirondelle bicolore, en tant que groupe (ou guilde, comme le veut le bon usage), affichent un déclin inquiétant, et il est très probable que des changements enregistrés au niveau des populations d’insectes a un rôle à jouer là-dedans, qu’il s’agisse de déclins démographiques, d’un changement au niveau du temps d’éclosion ou de la répartition spatiale. Le temps est venu de nous intéresser davantage aux insectes!
  • Une érablière est un bon endroit où trouver des insectes au printemps, puisqu’elles sont attirées par la sève sucrée. Des abeilles, des coccinelles, des vanesses (aux ailes fermées), des mouches et des papillons nocturnes seront tous au rendez-vous. En effet, quand on se sert de sceaux pour récolter la sève au lieu d’un réseau de tuyaux, la présence denocturelles dans la sève marque souvent la fin de la coulée. 
  • Cherchez les oiseaux suivants, tous de retour parmi nous : l’urubu à tête rouge, la bécasse d’Amérique, le martin-pêcheur d’Amérique, l’oie des neiges et la grue du Canada (de passage), le pic flamboyant et le roitelet à couronne dorée (difficile à voir, mais vous pourrez entendre son chant sur le site Web), parmi tant d’autres. Notre cher ami le bruant des neiges nous quitte à présent, de même que tous les autres hiboux nordiques encore dans les parages.
  • Si la fin mars est véritablement clémente, vous entendrez peut-être les premiers chants de la rainette faux-grillon et de la rainette crucifère. Ces dernières, de même que toutes les autres grenouilles et tous les autres crapauds s’y donneront vraiment à cœur joie en avril, et nous en parlerons davantage à ce moment-là, mais la chasse aux grenouilles dans les terres basses à la fin mars par les nuits plus chaudes peut être un rituel printanier (ou un bon prétexte pour sortir au grand air). Joignez-vous à Attention Grenouilles, et contribuez vos renseignements sur ces amphibiens.
  • Les petits du loup, du coyote, du renard roux et de l’écureuil gris commencent à naître.
  • L’Heure pour la Terre (de 20 h 30 à 21 h 30) aura lieu le samedi 31 mars. Participez à ce phénomène mondial lors duquel des communautés du monde entier éteindront leurs lumières. Il fera noir, nous pourrons voir les étoiles… alors non seulement vous vous joindrez au combat contre le réchauffement climatique, mais vous viendrez également en aide aux oiseaux migrateurs et auxobservateurs d’étoiles.