Guides de nature

L'activité hivernale des insectes

la fin février 2012

En vedette dans R4R

Ressources pour approfondir l'apprentissage

Pleins feux sur l’activité hivernale des insectes

 

À la fin de l’hiver, la neige se met à fondre lentement et il tombe de moins grandes quantités de neige. De telles conditions sont idéales pour la croissance de l’algue des neiges (parfois appelé sang des glaciers), une plante qui, avec le retour d’un temps plus clément, attire les insectes qui grignotaient les feuilles mortes sous la neige. Regardez bien la neige à proximité du sol dégagé, et vous verrez peut-être ce qui, du premier coup d’œil, ressemble à de petits grains de poivre moulu. Si vous observez bien attentivement, vous en verrez peut-être qui se mettent à sauter et qui sembleront disparaître. On les appelle puces des neiges, mais il ne s’agit pas de véritables puces. Ce sont des collemboles des neiges, des membres d’un ancien ordre de minuscules insectes. Si vous les regardez attentivement à la loupe, vous verrez tout de suite pourquoi ils portent le nom de puce : ils sont munis d’une double épine dorsale à effet de ressort, repliée sous la queue qui, lorsqu’elle est relâchée, les projette à une distance allant jusqu’à 10 centimètres – pas mal pour un insecte qui mesure de 1 à 2 millimètres (imaginez un spécialiste du saut en longueur qui pourrait franchir 200 mètres – le record mondial est d’un peu moins de 9 mètres; pour le saut en longueur sans élan, une comparaison plus juste, le record est de moins de 3,5 mètres). La puce des neiges est active toute l’année et constitue peut-être l’ordre d’insectes le plus nombreux (on en trouve jusqu’à 25 millions par hectare!), mais comme elle est petite et mène une vie discrète dans le sol et les feuilles mortes, elle n’est visible qu’en cette période de l’année. Leur présence indique que le sol se porte bien.

 

Vous pourriez aussi voir ces jours-ci des prédateurs comme la borée, une petite (3 millimètres) mouche sans ailes que sa proie, la collembole des neiges, fait monter sur la neige. À celle-ce se joint souvent la tipule hivernale, un autre insecte dépourvu d’ailes qui, avec ses six longues pattes, ressemble un peu à une araignée. Vous pouvez en voir une à l’œuvre sur cette vidéo. On dit que la tipule bouge lentement, mais on ne dirait pas en voyant celle-là! Traverser plus d’un mètre la minute à cette échelle (elle mesure 6 millimètres), c’est assez impressionnant. Vous ne pourrez voir l’adulte qu’en hiver, et personne ne sait vraiment de quoi la tipule se nourrit, si elle mange. Vous trouverez plein d’autres renseignements à son sujet ici.

 

Les véritables araignées chassent parfois au-dessus de la neige elles aussi, alors comptez bien les pattes des insectes pour pouvoir les identifier! 

 

Plus près des rivières et des autres cours d’eau dégagés, vous apercevrez peut-être une ou deux espèces de plécoptères. En émergeant si tôt dans l’année, elles ont une longueur d’avance sur les prédateurs qui sortent plus tard et peuvent ainsi se reproduire avant de se faire dévorer. La présence de plécoptères dans un cours d’eau indique généralement que l’eau est de bonne qualité.

 

 

D’autres événements à ne pas manquer

 

  • La bernache géante qui s’étaient envolées vers le Sud à l’automne sont sur leur retour, alors soit vous commencerez à en voir, soit vous en verrez en plus grand nombre.
  • Le merle d’Amérique sera bientôt de retour parmi nous. Suivez son progrès sur le site Web de Journey North, et marquez sur votre calendrier le jour où vous aurez vu votre premier merle afin de pouvoir comparer avec l’année prochaine.
  • Le peu de neige que nous avons au sol est sans doute avantageux pour le cerf de Virginie, puisqu’il facilite ses déplacements. Quand la neige est plus profonde (plus de 50 centimètres) vers la fin d’hiver, le cerf de Virginie a plus de mal à composer. Mal adapté à de telles conditions, il forme des ravages, des chemins de terre battue dans des endroits protégés et moins enneigés, près des conifères, qui lui permettent de se déplacer plus facilement. Dans la mesure du possible, il suivra aussi également des sentiers battus. Cela dit, quand une troupe de cerfs est très nombreuse, il lui arrive d’épuiser toutes les sources de nourriture à proximité d’un ravage. En de tels cas, les cerfs doivent s’aventurer dans la neige profonde pour trouver de quoi se nourrir. Cette image ne représente pas tout à fait. Cette image ne représente pas exactement ce que l’on entend par un ravage, mais l’effet est le même. On peut penser bien faire en nourrissant les chevreuils l’hiver, mais les pertes subies en hiver peuvent aider à contenir les populations  et en assurer la santé à long terme.
  • Les lichens sont souvent plus faciles à voir pendant l’hiver, surtout ceux qui poussent sur les troncs et les branches d’arbres à feuillage caduc. Les lichens sont une forme de partenariat entre certaines espèces d’algues et de champignons, et ce sont parfois de véritables pionniers dans des environnements plus durs, comme la surface de rochers. L’algue transforme la lumière en source de nourriture pour elle-même et le champignon qu’elle accueille, tandis que le champignon fournit des éléments nutritifs, de l’eau et de la protection. En hiver, les lichens sont la principale source de nourriture du caribou et du grand polatouche (certaines sous-espèces qui habitent la côte ouest s’en servent même pour construire leurs nids – qu’ils pourront consommer par la suite!). Ils sont également consommés par le tétras du Canada et le dindon sauvage, et plusieurs espèces s’en servent comme matériel pour construire leurs nids – certains colibris et oiseaux de rivage, par exemple. Nous nous servons de lichens dans la fabrication de plus de 400 produits, y compris des teintures pour la laine, notamment celles qui servent à l’étoffe Harris tweed d’Écosse. Vous trouverez d’autres renseignements sur les lichens ici, avec entre autres un échantillonnage de diverses espèces. On trouve des lichens de toutes les formes et de toutes les tailles (faites dérouler la barre de défilement pour en voir tout un échantillonnage). Certains, comme les lichens gris et feuillus de l’ordre des Parmelia, résistent bien à la pollution et peuvent même survivre en ville. Cela dit, la plupart des lichens sont moins tolérants. Partez à leur recherche, et essayez d’en trouver plusieurs sortes. Regardez sur les troncs d’arbres, les branches, les souches, les roches et les parois des édifices. En trouverez-vous beaucoup, ou très peu? Que pouvez-vous conclure sur la qualité de l’air près de votre école? Vous trouverez ici des lichens assez communs en Ontario (faites défiler). Combien pourrez-vous en trouver?
  • On dit qu’il est possible de savoir combien de jours il reste avant la fin de l’hiver en comptant le nombre de feuilles de hêtre à grandes feuilles sont restées sur l’arbre. Partez à la recherche d’un hêtre pour connaître la réponse!
  • Orion domine toujours la partie sud-est du ciel alors qu’il se dirige lentement vers l’ouest. Regardez notamment l’ « étoile » au centre de son sabre – il s’agit de la nébuleuse d’Orion, un nuage de poussière et de gaz qui entoure quatre étoiles et qui se trouve à 1 500 années-lumière de la Terre. La Grande Ourse est en position verticale, parallèle au sol, et la Petite Ourse se vide au-dessus d’elle.