Archive

On se prépare à l’hiver

mi-novembre

En vedette dans R4R

Ressources pour approfondir l'apprentissage

Pleins feux sur le rat musqué

 

La nature donne l’impression de retenir son souffle ces jours-ci, dans l’attente de l’hiver, mais il y a de ces exceptions à cette règle qui brillent par leur absence. C’est le cas, en outre, du rat musqué, qui est en plein déplacement dernièrement. Ceux qui sont nés cette année quittent le domicile familial (ou plutôt, sont contraints à le quitter afin que les parents puissent accueillir de nouveaux bébés au printemps) et se dispersent sur une distance considérable dans la campagne, en quête d’un territoire non occupé en milieu marécageux. Bon nombre ne survivront pas au trajet, et les rigueurs de l’hiver en feront succomber d’autres. La territorialité, c’est un moyen qu’a dame nature d’empêcher la surpopulation animale et de faire respecter la capacité d’accueil dans une région donnée.

 

Le rat musqué construit une hutte, une structure conique ou en coupole faite principalement de quenouilles et de boue et située dans un lac peu profond. Plus petite en taille que la hutte de castor (elle fait généralement tout au plus 1 mètre en hauteur et 1 mètre en largeur), la hutte du rat musqué est faite non pas de bois mais plutôt de matériaux végétaux et de boue. Une fois le monticule formé, le rat musqué creuse son terrier sous le niveau de l’eau et y construit une chambre au centre et une seconde issue de secours. Il renforce ensuite les murs à l’aide d’autres matériaux végétaux et de boue. Comme sa hutte est située dans l’eau, avec des points d’entrée et de sortie situés sous le niveau de l’eau, le rat musqué se protège des prédateurs terrestres. Il pourra également creuser son terrier sur la rive d’un lac aux eaux profondes, d’une rivière à faible courant ou d’un ruisseau. Quand la glace aura recouvert les marais, on aperçoit les abris en forme de monticule où le rat musqué se rend pour se nourrir – nous pourrons en reparler à une autre occasion.

 

La participation du rat musqué à son écosystème est variée : sa hutte peut servir de base à un nid d’oie ou de canard, les serpents et les tortues peuvent s’y installer pour ilderpictures/100_0451ajrt.jpg">s’étendre au soleil… et l’un n’exclue pas l’autre! Le rat musqué est un herbivore, et il aide à nettoyer les cours d’eau en mangeant de si grandes quantités de quenouilles qu’il dégage de vastes étendues d’eau. Il est à son tour une source de nourriture pour de nombreux prédateurs, y compris le raton laveur, le renard roux, la pygargue à tête blanche, la tortue hargneuse et le grand brochet. Cette activité d’analogie pourrait vous aider à lancer une discussion en classe des diverses caractéristiques et fonctions écologiques des animaux.

 

Toute cette histoire m’a donné le goût de bouger au rythme de la Muskrat Ramble. Allez, on danse!

 

D’autres événements à ne pas manquer

  • Le fuligule auquel nous nous sommes intéressés à la mi-octobre quitte maintenant la région des Kawartha mais pourrait traîner encore un peu le long des lacs Ontario et Erié pour faire le plein de moules zébrées. À lui se joignent la buse à queue rousse et la buse pattue, encore qu’on puisse voir cet hiver quelques membres de ces deux espèce s qui auront décidé de braver le froid avec nous. En fait, de tous les éperviers, c’est la buse à queue rousse que l’on croise le plus souvent dans le sud de l’Ontario. En novembre, quand les conditions sont bonnes, on peut apercevoir des centaines d’éperviers migrateurs le long de la côte Nord du lac Ontario.
  • En cette période de l’année, les grands « dormeurs » entament leurs préparatifs à l’hiver. Le temps plus chaud auquel nous avons eu droit récemment pourrait motiver certains animaux à rester parmi nous plus longtemps que d’habitude – j’ai vu des suisses dans ma cour arrière la fin de semaine dernière – mais il suffirait d’un coup de vent venu du Nord pour les inciter à gagner leur abri. Ces animaux n’hibernent pas véritablement, et l’hiver, par les journées moins froides, il leur arrive de sortir le bout du nez. Le suisse se réfugie sous terre, dans une tanière qui compte au moins trois pièces : une pour dormir, une autre pour entreposer sa nourriture et pour manger, et une dernière pour l’expulsion des matières fécales. La moufette et le raton laveur n’entreposent pas des réserves de nourriture, mais dépendent plutôt des réserves de graisse qui les soutiendront pendant qu’ils dorment pour des périodes prolongées. L’hiver, la moufette est plus active que le raton laveur. L’ours noir, lui, se creuse une tanière, ou bien s’installe dans un amoncellement de broussailles ou dans la crevasse d’un rocher, et parfois même, il dort on-bear.jpg">à découvert sur une pile d’herbe ou de branches arbres à feuillage persistent. Comme il peut se réveiller pendant son hibernation, sa température reste à peu près constante, à quelques degrés près, mais son rythme cardiaque peut ralentir pour atteindre 8 battements la minute.
  • À l’approche de la première neige, le pelage du lièvre d’Amérique devient tout blanc, afin qu’il puisse mieux se dissimuler. D’habitude, les oreilles et les pattes du lièvre sont les premières à blanchir. Au début décembre, le lièvre est tout blanc, sauf le bout des oreilles. Ce ca mouflage permet au lièvre d’Amérique se de fuir ses prédateurs; mais avec le réchauffement climatique, leur avenir reste incertain. La modification de la couleur du pelage est déclenchée par les variations saisonnières de la longueur du jour, mais comme il y a moins de neige au sol, au printemps et à l’automne, il arrive que le lièvre d’Amérique soit blanc sur fond brun.
  • « Où sont passées toutes les fleurs? », chantait Pete Seeger. Vous pensiez qu’elles étaient toutes parties, mais voilà que l’hamamélis de Virginie se décide à fleurir. Les pétales de cette plante ont l’unique capacité de se rouler en bourgeons alors même que chute le mercure et de se dérouler dans la chaleur du soleil. Cette adaptation lui permet de garder son nectar et son pollen pour les journées plus chaudes, quand les insectes seront de retour. On trouve parfois sur la même branche des gousses mûres de l’année précédente qui explosent et répartissent des graines sur 10 mètres à la ronde.
  • Nos sens s’ajustent doucement à ce qui reste de couleurs, de sorte à mieux les apprécier. Le vert nous vient des fougères – la fougère de Noël par exemple, le polypode de Virginie, et la dryoptéride marginale – et de la mousse – la sphaigne, le polytric genévrier, et l’hypne triquètre. Le lycopode aplati ressemble à un tout petit arbre vert, et ce mois-ci, il libère de petits nuages de spores jaunes quand on le frôle du bout du pied. L’épigée rampante, l’herbe à peigne et le thé des bois sont parmi les quelques angiospermes encore vertes, et les feuilles du quatre-temps sont d’un beau violet. Les baies de la pirole uniflore sont rouge vif, et celles du célastre grimpant (une plante indigène) et du célastre orbiculaire ponctué (non indigène) sont rouge-orange (mais faites gaffe, elles sont toxiques!). Partez à pied en quête des couleurs d’automne, et découvrez celles qui restent dans votre région quand les feuilles sont toutes tombées.
  • Orion, l’une des constellations les plus faciles à identifier, se trouve maintenant dans la partie sud-est du ciel la nuit. Présage de l’hiver qui arrive, il veillera sur nous pour quelques mois avant de se « coucher » dans l’Ouest à l’arrivée du printemps. Pour voir la constellation dans son contexte, de même que des images d’autres étoiles, de nébuleuses, de nuages de gaz et de galaxies qui l’entourent, passez votre curseur (dans Explorateur) sur cette image. Stellarium est un planétarium gratuit pour votre ordinateur qui vous permet de projeter un ciel de nuit réaliste et en trois dimensions dans votre salle de classe.